F E L I C I A A T K I N S O N “that oral thing”, CONSIDERATIONS SUR LES ARTS SONORES VISUELS ET CULINAIRES


noir entresol
juillet 7, 2008, 10:26
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TATIANA TROUVÉ
4 BETWEEN 3 AND 2
prix Marcel Duchamp 2007
25 Juin-29 Septembre 2008
Centre Pompidou

Le travail de Tatiana Trouvé semble toujours avoir traité des lieux mentaux et potentiels, des strates manquantes de la mémoire aux quelles il faudrait palier, en créant des modules, des espaces dysfonctionels, désarmés, abouliques.
Cela ressemblait à du matériel médical ou bureautique qui aurait changé d’echelle, à une archéologie de l’anachronique en temps réel.
Il y avait eu aussi des tentatives de grossissement plus maladroites, on se souvient de sa premiere expo personnelle chez Emmanuel Perrotin à Miami, où tout semblait juste plus grand, un peu trop près.

ici, l’espace ingrat nommé 315 semble ne jamais avoir été si bien vu, et c’est la grande qualité de la proposition de Tatiana Trouvé, de donner non des objets a voir, mais ce qu’elle semble voir, elle, à travers ces objets, cet espace.
des sensations, des pressentiments: une buée sur une vitre, une flaque d’eau, un mur brulé par une lampe, le temps qui passe à travers les métaphores. Des couloirs trop petits, à l’echelle d’un corps sans tête, des catastrophes ordinaires gisantes, comme des terrains de rêve: là où le temps devient un espace.

Il faut compter les poignées, les grains de sable noirs, les couloirs, les rainures de parquet, un inventaire murmuré, comme le son qui se tapit dans les coins, à la limite de la folie.

des dessins encadré sont les piquets qui tiennent le décor bourgeois d’un dénivellement de la disparition, entre Dino Buzatti et Michelangelo Antonioni. Des hommes il se reste que des traces: une chaussure, une ampoule trop chaude qui a bien du être vissée, quand meme.

Les scupltures au milieu de cette scenographie à la fois posée et presque absurde marquent l’espace entre les murs, l’air impossible à saisir, donnant matiere “réelle” à ce lieu au bord de la fiction.

Tout y est precis, sombre, ” timé”, autarcique, se faufilant dans notre mémoire pour ne plus la lâcher.


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