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voici l’article publié sur le site de mouvement à l’occasion du concert d’Animal Collective à la cigale en juillet 2009.
Oh ! animaux !
Voilà presque dix ans qu’Animal Collective est venu envahir, à la manière insidieuse d’une fièvre tropicale, la planète rock, lui insufflant une énergie régressive et visionnaire. Au moment où le groupe revient à Paris pour un concert à La Cigale, le 16 juillet, retour sur une décennie d’activité tous azimuts, couronnée récemment par l’album Merriweather Post Pavilion.
Animal Collective : une nouvelle hutte, des fantômes en écho, les refrains suivent, c’est le courant qui suit la rivière, et la rivière les hommes en apnée. Comme un plongeon différé, décomposé en trois cents éclats. Des horizons marqués par cette manière d’appeler l’orage avec euphorie. On peut très bien sautiller avec l’esprit. Les extrémités soupirent, ils les pansent avec les sons. Aspirer quelques gouttes de sang, créer des onguents, une médecine personnelle. Remédier, exploser, laisser choir, reprendre, faire rayonner à nouveau …
La première fois qu’on s’en souvient, ils étaient juste deux, c’était le festival Fat Cat à Hasselt, Belgique, sans doute en 2004, et ils poussaient des cris d’animaux à la guitare sèche, perchés depuis la mezzanine de la salle, partageant l’affiche avec, entre autres, Black Dice, Fennesz et David Grubbs. C’est depuis ce concert d’Animal Collective que j’ai décidé de reprendre la musique. Je pense que je n’étais pas la seule. Un an après, au Studio de l’Hermitage, me revient un karaoke de dégénérés, improvisé et jouissif, mené par Panda Bear et ses amis. De Spirits They’re Gone, Spirits They’ve Vanished, premier album paru en 2000, à Merriweather Post Pavilion aujourd’hui, en passant par leur toujours moderne, génial et dérangeant Here Comes the Indian (2003), de leurs auto-productions et leur label Paw Tracks à Domino Records, ils ne nous ont plus quittés, les gars de Baltimore venus conquérir New York, et donc le monde ; avec leur force fiévreuse, comme un palu qui viendrait se signaler avec terreur environ tous les deux ans. Animal Collective reviendra ainsi, on le suppose, en forme, le 16 juillet à la Cigale.
Un groupe dont le nom épouse aussi fidèlement au contenu de sa musique, c’est à la fois abusé, rare et signe d’une ironie mi-maline et mi-retardée, presque pour déjouer les tours de passe-passe des journalistes : il n’y aurait plus qu’à écrire qu’Animal Collective fait une musique collective et animale, et on pourrait aller se rhabiller. Et le pire, c’est que c’est vrai. Les progressions de rythmes, comme une turbine dans une carrière, toujours palpables et granuleuses, suivent le thème de la spirale, encore une fois, sur Merryweather Post Pavilion, leur dernier album paru en 2009, avec le tube My Girls et le clip psychédélique qui va avec, couleurs fluo inévitables. Sur Daily routine, c’est presque un mélange des mélodies de Depeche Mode et Philip Glass, c’est-à-dire finalement une sorte de best of des années 1980. Sur Guys Eyes, les Boys 2 Men et les Beach Boys kidnappés et drogués dans le même van par les fidèles du Burning Man Festival se mettent à bégayer. Lion Coma et Brother Sport prouvent que nos trois petits gars ont beaucoup écouté, eux aussi, leurs compilations du label Sublime Frequencies. Mon morceau préféré de l’album sera, en fille candide que je suis, No More Runnin’, une antépénultième chaloupée, comme une clairière dans ce disque sinon très vertical et touffu.
Hors actualité, on pourrait aussi mentionner leur magnifique vidéo Fireworks (2008), qui reprend les feux d’artifices des fêtes nationales du monde entier, composant ainsi un non-anniversaire sans fin, ce que pourrait être aussi la musique d’Animal Collective. Les voix toujours en chœur, après 9 années et des mouvements internes dans le groupe (qui est passé depuis un moment de quatre à trois membres), tous les side projects aussi créatifs les uns que les autres (parmi lesquels on décernera aux travaux solo de Panda Bear la médaille de l’intelligence et du purisme), presque déjà une décennie et Animal chante encore en chœur pour faire danser dans une joyeuse démonologie les kids de la planète.
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voici l’article que j’avais publié sur LIARS sur le site de Mouvement à l’occasion de leur date parisienne
“LIARS, You gonna rule the world”
Sonic Youth aurait un jour dit de Liars (dixit l’écrivain Joris Lacoste qui me racontait un concert vu à New York en 2003) ” Liars, you gonna rule the world”, reconnaissant sans doute dans ces trois lions des petits frêres soniques et maléfiques.
Souvenir personnel d’un de leur premier concert parisien à la Boule Noire, quelque chose comme un an apres (2004 ?): toute leur tenue de scène est sous le signe de la Tour Effel. Boucles d’oreille, porte-clef, T shirt, Angus Andrew, Aaron Hemphill et Julian Gross avaient conquis la capitale, tout dévoré, et revêtaient les dépouilles en trophées dans une gigue de diables.
La circularité à l’épreuve de l’ascention verticale et de l’horizontalité métrique, la tentation du syphon sonore lamé par les chutes, comme une spirale qui dans son tourbillon trancherait des trous, ces formes post futuristes étaient déjà au coeur de leur système sonique et rythmique. Proche de la transe, du cri de conquête, sexuel ou géographique.
De la danse transgressive des maxi-monstres échappés du livre pour enfants qu’il ont du avoir un jour entre les mains “Were the Wild Things are “de Maurice Sandak, voir même peutêtre la chasse au Snark ou de la chute dans le puits d’Alice chez Lewis Caroll….Contrôle, perte de controle, exploration, action, et avant la musique!
Car il s’agit bien d’un trio guerrier. Mais d’une guerre un peu louche. Physique, battant, certes. Mais aussi avec costumes, oreilles de lapin, et sans royaumes. Menteurs, Liars?
Leurs vidéos sont carnassières, ( we fencend other gardens with the bones of our owns), leurs titres lyriques, leurs albums des manifestes (Drums not dead).
Angus Young, le leader surgit comme un épouventail auguste merveilleux, dont le grand corps et le visage de feu se contorsionnent sur scène sans trêve.
De ce retour du rythme comme forme d’expérience, de la voix comme appel magique, du mélange des genres et des continents, les nouveaux groupes américains et anglais sont friands, sans forcément connaître Artaud, le théâtre de la cruauté ou l’influence des masques africains chez les surréalistes. Mais il semble comprendre depuis le debut de ce nouveau siècle que la réponse proviendrait d’un vent chaud, tropical.
C’est donc à travers les mirroirs noirs sonores non-occidentaux, que sont puisées actuellement les chansons les plus intéressantes d”une génération ingénieuse de jeunes bruitistes anglais et americains en quête de nouveaux sens.
Sans jamais trop s’éloigner du rectangle-tapis magique de la chanson, voir, chez les plus hasardeux, du format d’une face de LP… Si le rythme peut être inspiré par des rythmes brésiliens ou congolais, le temps sera toujours celui du disque de pop made in UK. Sauf en live, ou les formats explosent, pour le pire, comme pour le meilleur.
James Blackshaw s’inspire du ragga indien, Dirty Projectors de là discothèque savante et épicée de leur parents (il n’a pas de mal à être cultivé dans ces temps de disette), les non moins jouissifs Magic Markers ou Psychic Ills d’un bon rider digest de la musique de transe à la sauce psyché…..( et tout le monde sait que les plus bons ragouts sont meilleur en sauce ou réchauffé, alors, où est le problème?)
Liars, trio magique qui a signé chez Mute, a réalisé 4 albums, dont le premier, au titre digne d’une oeuvre de Kippenberger ”They Threw Us All In A Trench And Put A Monument On Top’ autoproduit en 2001 puis ressorti chez Blast Ffirst en quatuor, a été enregistré en deux jours .
Celui, éponyme, réalisé par le groupe en 2006 à L.A et à Berlin dans des anciens bâtiments du Bauhaus confirmerait une espèce de double souci: celui de la forme et de l’expérience.Où la question du rythme, d’une charpente à la fois scandée et prête à brûler seraient considérée avant tout comme le cirque solide où les equilibristes peuvent se permettent de perdre pied. Où de la percussion comme forme parfaite: sculpturale, circulaire, bestiale, épidermique et métallique à la fois, droite comme le glas ou destructrice et occulte.
On sait l’intêret du groupe pour le mythe des sorcières de Salem et leurs goûts du parjure. Mentir, proférer, construire, déconstruire, créer des formes avec les débris du feu. Dont acte.
Interview (traduite de l’anglais au français) par mail avec le leader de Liars, Angus Andrew
Vous reconnaissez – vous dans le titre du festival ” Villette Sonique”, qui insiste par son nom sur la dimension bruitiste de l’évènement?
Considérez-vous votre musique comme du “noise” ?
Certainement pas.
La musique que nous faisons provient des bruits que nous entendons aujourd’hui et demain. Comme une réflexion des bruits qui nous entourent. Je crois que c’est important de ne pas considérer notre musique comme juste du bruit. Le bruit est une chose particulière et ne devrait pas être copié autrement qu’en étant ré interprété.
Qu’en est-il de la question de l’importance du rythme, souvent presque tribal, dans votre musique? Il semblerait que beaucoup de groupes, notamment américains, sont influencés par la musique des autres continents, comme l’Amérique Latine ou l’Afrique. On peut constater par exemple l’influence de la série de disques Sublime Frequencies et des concerts les suivant, qui ont permis de découvrir ces musiques non “whasp” sous un prisme contemporain. Que pensez – vous de cela?
Oui, c’est immense. Mais ceci dit, l’usage des influences peut-être un cadeau empoisonné. Il faut être sincère.
Comment utiliser et justifier ce type de sonorités qui appartiennent à un tout autre monde et proviennent d’un autre contexte?
Maitout autant, est-ce qu’un groupe peut écrire des chansons sur le surf, l’amour et la paix sont être ironique?
Pourrait-on envisager une transe calme? Pouvez -vous vous imaginer faire une musique où l’intensité ne proviendrait pas du volume sonore?
Oui. Il n’y a pas de raison en soi pour que la musique soit forte. C’est plutôt le reflet et l’attrait physique ressentit lors de la production d’un gros son qui attire tant de musiciens. Tout le monde peut s’y retrouver. C’est accaparant.
Qui écoutez-vous en secret?
Ariel Pink
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” Et le sentiment que j’éprouve ressemble à “Mon Dieu, c’est moi qui a fait ça?”. C’est à peu près mon seul critère de jugement: le type de frisson, du tremblement du “c’est moi? J’ai fait ça?”
( Conférence de Philip Guston à la University of Minnesota, Maris 1978, in Philip Guston, Peintures, Centre Pompidou, 2000)
Des trous, des poches, des sacs, des capuches, qui contiennent , qui se bouchent.
Des formes convexes et d’autre concaves.
Des masses, des échanges de poids, d’extrémités, de fluides, de cultures.
Des poils, des mots, des piles, des bouts, des éruptions.
Des cigarettes des chaussures des accessoires. (Smoke, 1978)
” Sous la forme les choses se cachent” ( Emmanuel Levinas, Totalité et Infini, p.209), se cachent dans les plis, ne veulent pas être décelées. Car dessous les choses forment une bosse, et cette bosse devient le sens. (Untitled, Head, 1968)
Mais aussi, dans les tableaux abstraits, des couleurs qui se barrent, se corrigent, qui rentrent l’une dans l’autre, en essaim, en quinconce, nuage épais.
Des matières à plaquer sur la toile. Barbouillages miraculeux. (for M, 1955; Group II, 1964)
Il y aurait quelque chose derrière.
La tête est le sexe, les groupements sont des araignées informées, le visage une citadelle fermée. (“visage bunker” chez Deleuze et Guattari)
Les trous sont béants et semblent taris, muets au sens d’inaudible, masqués, au sens d’in vus:, des visages murailles ou visages-livres ouverts (Book, 1968, Untitled (house, 1968).
” Visage, déjà langage avant les mots. (…) Langage de l’inaudible, de l’inouï, langage du non dit. Ecriture!” (E.Levinas, o.c, p. III)
Intériorité, extériorité, mettre en boule, rembourrer: ce qui dépasse malgré le bâillonnement (Sleeping, 1977).
Un tableau de 1969 : “ Blackboard “
Un mur rose de chair un horizon noir trop haut.
Un tableau noir, dedans trois capuches du Ku Klux Klan, ou trois montagnes, trois brigands, trois femmes afghanes, trois habitacles mosqués maliennes dans le sable, trois fenêtres de prison, trois mausolées, trois sels et poivre et sel, trois doigts, trois verges sous un drap, trois fantômes, trois interrupteurs. Blancs aux fentes noires en guise d’yeux ou de griffures ou de prises.
Trous noirs mur blanc.
” Nous pouvons proposer la distinction suivante: le visage fait partie du système surface trous, surface trouée (…) Mais l’opération ne s’arrête pas là: la tête et ses éléments ne seront pas visagéifiés sans que le corps tout entier ne puisse l’être, ne soit amené à l’être, dans un processus inévitable.La bouche et le nez, et d’abord les yeux, ne deviennent par une surface trouée sans appeler tous les autres volumes et toutes les autres cavités du corps. Opération digne du Dr Moreau: horrible et splendide,. La main, le sein, le ventre, le pénis et le vagin, la cuisse, la jambe et le pied seront visagéifiés. (Gilles Deleuze et Félix Guattari, Année zéro- visageité, Mille Plateaux, p.209)
Surface trouée. Qui obstrue, Qui fait écran.
Un tableau noir qui n’est pas encore effacé. Un tableau dans la peinture. Et quoi derrière encore.
Une obscénité: c’est à dire grossir, être grossier. Grossir la main et surtout son index, les joues testicules, les chaussures plein de crasse. (Room, 1976)
Comme Crumb, souvent.
Mais pocher aussi les mots, à la différence de Crumb, qui les utilise en parallèles autobiographiques parfaits avec ses images, se mettant en sandwich entre les mots et les personnages.
Il y outrance de sens chez Guston, mais rien n’est jamais littéral, possession, il y a plutôt abandon, comme on remplit un sac poubelle, désœuvrement, et en même temps, amoncellement, de la décharge. (Ravine, 1979)
Dans Blackboard, une vision mutilée : Il ne reste qu’un pan de mur et trois personnages masqués, à la fois ridicules (tels des fantômes de dessin animés) et diaboliques (ils renvoient au Ku Klux Klan), une Amérique construite de toute pièce sur le sang et le masquage hystérique de ce sang. Quel est le visage de l’Amérique? Un pays qui est lui même une fiction, qui est le pays de la fiction.
Emmanuel Levinas écrivait encore
“L’épreuve de force est l’épreuve du réel. Mais la violence ne consiste pas tant à blesser et à anéantir, qu’à interrompre la continuité des personnes, à leur faire jouer des rôles où elles ne se retrouvent plus, à leur faire trahir, non seulement des engagements, mais leur propre substance, à faire accomplir des actes qui vont détruire toute possibilité d’acte. “ Totalité et infini,(p.6).
Visage masqué du Ku Klux Klan en fuite: derrière le drap blanc la peur de l’homme noir:
“Si le visage est bien le Christ, c’est à dire l’Homme blanc moyen quelconque, les premières déviances, les premiers écarts-types sont raciaux: homme jaune, homme noir, hommes de deuxième ou troisième catégorie. Eux aussi seront inscrits sur le mur, distribués par le trou. Ils doivent être christianisés, c’est à dire visagéifiés. Le racisme européen comme prétention de l’homme blanc n’a jamais procédé par exclusion, ni assignation de quelqu’un désigné comme Autre: ce serait plutôt dans les sociétés primitives qu’on saisit l’étranger comme “autre”.Le racisme procède par détermination des écarts de déviance, en fonction du visage Homme blanc qui prêtent intégrer dans des ondes de plus en plus concentriques et retardées les traits qui ne sont pas conformes, tantôt pour les tolérer à telle place et à telle conditions, dans tel ghetto, tantôt pour les effacer sur le mur qui ne supporte pas l’altérité. (…)Du point de vue du racisme, il n’y a pas d’extérieur, il n’y a pas de gens du dehors. Il n’ y a que des gens qui devraient être comme nous, et dont le crime est de ne pas l’être.” (F.Guattari et Gilles Deleuze, Année Zéro- Visageité, Mille Plateaux, p.230, Editions de Minuit)
Quand Philip Guston passe à la figuration, qu’il réintègre le visage, la grossièreté dans la pureté du monde de l’expressionnisme abstrait, il réintroduit la violence de l’Autre, la perspective du réel et de ce qu’elle implique dans son poids de chair.
Les systèmes humains s’amassent et provoquent l’inhumanité, les différences s’effacent entre objets et sujets.
Les récurrences rythment, désignent, dégoûtent, telle une ponctuation la violence des rapports et de la peinture elle même.
” Alors, naturellement, j’ai commencé à détruire le tableau. Puis il m’a fallu redécouvrir, et convenir à nouveau, je suppose, que la peinture ne m’intéresse pas. Faire un tableau ne m’intéresse pas. Mais alors, non d’un chien, qu’est-ce qui peut bien m’intéresser? Ce qui m’intéresse, au fond, c’est le processus dont je suis en train de parler. (…) Sur le sol, il y a un gros amas de peinture, comme une bouse de vache dans une prairie, et quelque chose qui tombe du tableau, et je regarde ce tas sur le sol: ce n’est qu’un tas de matière inerte, de peinture inerte. Alors qu’est-ce que c’est. Je regarde à nouveau la toile, et cette matière n’est plus inerte, elle devient active, mouvante, vivante. Et ça m’apparaît comme un sorte de miracle singulier, dont j’ai besoin qu’il se reproduise, encore et encore….” (conversation avec Joseph Albow, p.26 du catalogue du Centre Pompidou)
Travailler dans l’impasse, à cette apparition du vivant.
Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: chihey hatekayama, japon, opitope, spekk
opitope
hau
spekk
des grains et des cristaux qui se multiplient avant de fondre, des textures qui crepitent
opitope est mieux qu’une paire de mitaines, qu’un crumble et qu’une eau gazeuze réunis
acheter une belle piece de boeuf comme un gros filet par exemple
frotter contre une planche en bois sur laquelle vous avez déposé un peu d’huile d’olive et de gros sel, retournez frottez avec une gousse d’ail une branche de sauge et une branche de romarin frais des des deux cotés
vous pouvez meme glisser dans le filet quelques gousses d’ail et brins des fines herbes
laisser prendre pendant une heure
preparer un lit de roquette et de copeaux de parmesan
faire griller la viande trois minutes de chaque coté
poser sur le lit de roquettes, arroser de vinaigre balsamique, poivrez, remettez quelques brins d’herbes, remettez un peu de parmesan, it’s ready !
a servir avec des linguine ou une bonne polenta
il est si simple d ecouter une des meilleures radios du monde
qui passe par exemple for brass de La Monte Young à 10 heures du matin
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je ne m’arrete plus d’ecouter HOME de Peter Borderick, je m’y enroule
mais aussi
(je vais y revenir)
HIGH PLACES
DEPARTMENT OF EAGLES
THE BATTLE OF LAND AND SEA
WHY
SON LUX
ISLAJA
CHIHEY HATEKAYAMA
DESTROYER
JAMES BLACKSHAW
BIRD BY SNOW
JANA HUNTER
…
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de l’influence des rayons gamma sur les marguerites
paul newman
1973

cette mini theorie pressentie: que chaque film contiendrait un plan qui le justifierait totalement. Ou bien, le film entier servant d’excuse, de stratagème pour façonner un seul plan.
ici alors, la mere-petit chaperon rouge dans l’herbe, prete à être devorée par le réel qu’elle fuit, point grenat dans le fond vert, comme le motif d’un drapeau d’un pays obligé de se dissoudre.
mais aussi, les yeux de Tilly comme deux petites barques en dérive, sa voix nouée qui construit doucement un pont de fuite, cherchant la vérité un lapin dans les mains, si proche d’Alice, dans la science et la beauté profonde du mot atome…
s’enfoncer dans le vesperal et hypnotisant Long Night de Jim O’rourke, enregistré en 1990, réedité par streamline,
s’y lover sans chercher à en sortir
Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: geek, joi lansing, scopitone, sexy, sonny king
sonny king
i cried for you
s immerger dans les scopitones sans raisons autre que vaincre la grisaille d’automne
et que dire du debordement enthousiaste de joi lansing?
Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: belgique, nord, photographie, pierre debroux
Pierre Debroux
Photographies
Des visages associés à des paysages de villes du nord, des faces et des façades en réflexions, que la lumière pale fait sortir du gris, des strates de l ‘enveloppe du ciel, des tissus, de la peau, des murs de papier peints.
Qu’est-ce qui fait surface, où se loge la frontière avec l’intériorité ? Et si, plus que les yeux, c’était le paysage qui était le miroir de l’âme? Comme un lac gelé qui aurait emprisonné sous sa fine pellicule la vie jusqu’au printemps, les personnages, les lieux de Pierre Debroux semblent en attente d’une fonte des glaces à venir. Et dans ce suspens, elles se figent dans l’espace métaphorique de la photographie. Animaux empaillés hiératiques dont les dépouilles témoignent d’un mouvement disparu, et ne sont plus qu’ objet de contemplation vidés de leurs organes et de leur propre regard, rideaux tirés qui peut – être un jour s’ouvriront, herbes qui se dévouent au vent, les objets et personnes se ploient comme des ponts entre deux rives temporelles qu’elle seules, par leur inclinaisons, peuvent rejoindre.

c’est peut etre i break horses de smog, sur l’ep kicking a couple around
elle suit back in school, qui est un peu sa soeur jumelle
i break horses est un secret d’un gris lumineux, comme un rayon sur l’eau glacée ou la lune dans une rue vide en pente
” tonight i am swimming to my favorite island. and i don’t want to see you swimming behind”
les mots rudes qui se cognent dans le sac de soie, résonnent alors les chevaux capturés dans the Misfits de John Ford, la nuque désespérée de Marilyn Monroe et l’immensité qui la broie
et pourtant la chanson est bien plus que ça
Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: finlandais, fonal, islaja, lau nau
le merveilleux label fonal, avec entre autres LAU NAU et ISLAJA (ici la chanson Rohkaisulaulu)
est mon dernier rempart de glace dans la chaleur vacante
lau nau
http://www.haamu.com/launau/
bon j avoue que celle qui suit est plus pour le plaisir des yeux que des oreilles…
top 10 de mes musiciens japonais préférés
1. daisuke miyatani
2. sawako
3. yuishiro fujimoto
4. moskitoo
5. the pascals
6. ryuchi sakamoto (surtout ces disques avec alva noto)
7. ryoji ikeda
8. tenniscoats
9. ami yoshida
10. reiko kudo
Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: cotes de provence, couscous keftas new school, cuisine d'été
boulettes de viande à la coriandre et au piment d ‘espelette
couscous de quinoa au courgettes et à la feta
salade de tomates variées
pour les boulettes:
acheter de la viande hachée fraiche et de bonne qualité pour quatre personnes (l’equivalent en gros de 4 steack hachés)
un bouquet de coriandre
du cumin en grains
du piment d’espelette
de l’huile d’olive
de l’huile de sesame
deux oeufs frais et libres
deux ou trois oignons nouveaux
du poivre steack
du sel de guerande
melanger dans un bol la viande hachée avec les deux oeufs, le cumin, les oignons hachés,la coriandre ciselée, le piment (une bonne pincée) et une lampée d’huile d’olive.malaxez, de preference avec les mains, ou, si vous avez peur, avec une cuiller.
faire des boulettes de la taille d’un abricot poser sur une planche en bois
faire chauffer mais pas trop une sauteuse ou un wok ou une poele avec de l’huile de sesame (qui ne doit jamais bruler)
y deposer les boulettes
faire cuire environs 15 mn en baissant le feu au fur et a mesure, en retournant de temps en temps, rajouter le sel et le poivre, jusqu’à ce qu’elles soient bien dorées.
au dernier moment y rajouter encore un peu de coriandre et de piment pour faire joli sur le dessus. poser sur un sopalin pour imbiber l’huile s’il y en a trop. disposer dans un bol.
pour le couscous
une boite de quinoa
quatre courgettes
deux ou trois oignons nouveaux
de la feta (il y en a de la tres bonne fraiche ou en boite chez les épiciers turcs)
de la coriandre et du persil frais
de l huile d olive
un quart de citron
sel et poivre
laver et egoutter le quinoa
faire bouillir une la moitié d’une petite casserole d’eau
y jetter le quinoa
passer à feux doux
par dessus faire cuire dans un panier vapeur chinois en bambou les courgettes en petits cubes (y glisser une feuille de coriandre)
quand le quinoa est pret c’est a dire que l’eau s’est evaporee et qu’il s est transforméavec son centre blanc) et les courgettes sont pretes (les courgettes doivent rester croquantes, mais normalement le timing fait qu elles sont cuites en meme temps que le quinoa),
rajouter les courgettes dans le quinoa, une lampée d’huile d’olive, les petits oignons découpés, les herbes, et émietter la feta, sel poivre.
presser le bout de citron, melanger ensemble, pendant une minute et servir.
pour la salade de tomates
des tomates variées: tomates noires, vertes, groseilles, coeur de boeuf…
au marché qui longe le canal de l’ourc a paris (sur l autre rive que le bar ourc) elles ne sont pas cheres du tout
de l’ail frais en botte
de la ciboulette (ca peut etre les tiges des oignons nouveaux)
de l’huile de noix
laver puis decouper les tomates en tranches, les deposer dans un petit saladier
rajouter l’ail frais coupé, la ciboulette coupée, l’huile de noix, salez poivrez, servez tout de suite.
tout peut se manger ensemble
avec un bon verre de ce bon vin rouge que mon ami sebastien nous a fait decouvrir:
cotes de provence 2005
(chateau saint anne
ste anne d’evenos, var france)
Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: black velvet, champagne, cocktail, guinness
cocktail du pere de liza:
le black velvet
guinness+ champagne
il parait que c’ etait la boisson d’ un roi
a la fois velouté et petillant, fort en corps et sexy
un alliage euphorique et ( un peu ) demoniaque
Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: david grubbs, drone, nikos veliotis
nikos veliotis et david grubbs
the harmless dust
headz
d’abord une precision de cet art de la guerre qu’est la musique:
grace à un magique archet arrondi qui permet de saisir toutes les cordes en même temps, les drones aux violoncelles constituent l’arme secrete de Nikos Veliotis.
Ensemble, avec le grand David Grubbs, roi des collaborations (evidemment feu gastr del sol, mais aussi, entre autres, the red krayola, ou le tres beau disque avec la poetesse suzanne howe, ainsi que celui, tres reussi aussi, avec de la guitare, pour une installation d’angela bulloch…) ils tendent ce fil subtil où harmonies, nappes, gouttes de piano se mélangent comme les élements dans un lac salé.
suspensions, etirements, le temps s’éclaircit et se delite, au plus pres de la contemplation.
Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: contre la toux, lait à l'ai, remede
le meilleur remede contre la toux, qui tres dur au gout mais sans equivalent en terme de puissance ( sauf le GELBE TEE trouvable dans une certaine pharmacie rue antoine dansaert à bruxelles)
c’est le le lait à l’ail. beaucoup d’ail.
pour passer le gout on peut rajouter du miel et de la cannelle.
Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: maya deren, meshes of the afternoon
meshes of the afternoon by maya deren
un classique qui se froisse dans la timidité de l’été
salade archi simple de betteraves et roquette
de la roquette sauvage
une betterave cuite coupée en lamelles legeres (par exemple à l’épluche légume)
des oignons nouveaux coupés fins jusqu’à la tige (qui devient de la ciboullette)
une pomme rouge coupés en petits dés
de l’aneth
mélanger ensemble, rajouter de l”huile de noix et du vinaigre balsamique et filet de citron
servir tout de suite
Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: americana, atlantic city, guitare, nebraska
nebraska
bruce springsteen
columbia 1982
un ovni dans la carriere de bruce springsteen, entre deux succes, un disque âpre et anti-commercial, enregistré sur la route avec un quatre-piste en 1982.
Mixé très bas, les choeurs sont des coyottes, les guitares des herbes seches et la voix celle du lonesome cowboy en dérive sur les diners routiers et les etendues vides, rien de nouveau, certes, mais la route est ainsi
monotonie, defilement linéraires, tristesse, désabusement, whisky et cuir, avec deux sommets: atlantic city et my father’s house
oh nebraska nebraska
contre les allergies aux piqures d’insectes, j’ai souffert, tout essayé mais en vain
et puis
une huile aux plantes fraiches de milleperthuis (anti inflammatoire) et carotte (enrichie aux huiles essentielles de lavande et romarin) de cette petite fabrique Flore de Saintonge.
l’effet est saisissant, et en plus ça sent tres bon. elle prepare aussi au soleil.
Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: jean de la croix, robert filliou, toute science me depassant, traces du sacré
depuis l exposition traces du sacré à beaubourg, être hantée, laiquement et poetiquement, par les dés tous un et un tous de robert filliou
mais aussi,
par les poemes de jean de la croix, comme exergue à tout expérience artistique:
“j’entrai où je ne savais
et je restai ne sachant
toute science dépassant
je ne sus pas où j’entrais
pourtant quand là je me vis
sans savoir où j’étais
grandes choses que je compris
je ne dirais ce que je sentis
car je restais ne sachant
toute science me dépassant
…
“
p.123 Jean de la Croix, Poèmes, GF-Flammarion
Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: 20 eme arrondissement, les petits oignons, the best spot
je peux l’avouer maintenant que je quitte bientôt cette ville
le meilleur arrondissement est le 20 eme
et
my favorite cafe and restaurant in Paris is
Les Petits Oignons (ex petit café)
angle orfila/dupont de l’eure
Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: chicago, drone, kranky, lichens, psychadelic
lichens
omns
kranky, 2007
Rob Lowe est une figure importante de la scène drone de Chicago, et il est impossible de rater son apparence de frele roi mage, sa coupe de cheveux verticale, ses yeux mi-clos, son magnetisme parfois un peu grandiloquant, mais part entière de son charme. Et, de maniere irrationnelle, la couleur bleue qui semble l’investir, meme quand il ne la porte pas.
Une chose est sûre, cet homme est habité, tant par son travail musical que graphique, il semble répondre à une volonté autre, un peu mediumnique, un peu à la mode, certes, mais réellement présente.
Omns, comme son nom l’indique est composé de chants, d’appels, de drones et de voix, parfois d’un piano qui pose des appuis sensitifs, mais aussi de riffs saturés de guitare, des echelles de jacob, sur la colonne de sons, des respirations.
Des volutes qui s’étendent, tourbillonnent, cherchant l’élévation, sans grandiloquance mais avec persistance, conviction et simplicité. comme peut le faire la fumée.
De cette scene drone qui tourne autour de chicago, de white light ( et du side project white lichens mélange de white light et lichens), de steven hess et son groupe fessenden, de david daniell, de ben vida ex town and country maintenant bird show (avec l’ubique rob lowe), du toujours excellent et reveche label kranky ( tous ces precieux charalambides, christian carter, chihei katakeyama, windy and carl, keith fullerton whitman)… il faudra sans doute reparler, car la discussion qui les anime, la creativité phyique qui se pose de collaborations en collaborations, est assez exemplaire.
Un rapport au temps aussi, lent, et en même temps pragmatique, collé à un rythme tellurique, où les choses se font et se defont sans postulat theorique, mais de maniere concrete, note apres note, dans l’engrenage sensible des heures et des saisons.
Douces et profondes ascentions vers le ciel, à l’image de la magnifique pochette du disque.
Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: cocktail, mélancolique, round midnight, vieux jeu
redecouvrir le gout de l’amaretto avec de la glace pillée
mais aussi un vieux banyuls:
y chercher le cocktail boisé et mélancolique des premieres heures de la nuit
y rajouter, dans le meme verre, très conventionnellement, une boule de glace à la vanille et un café serré
c’est anachronique, ça pousse plus loin le sombre et le luisant, tentant de les rapprocher
ecouter Casiotone For The Painfully Alone en pleine lumière, et particulierement Young Shields et I love Creedance
du coup un top 5 des jours chauds
1. west palm beach de palace
2. you’ve lost that lovin’ feeling de lee hazelwood et nancy sinatra
3. Young Shields de CFTPA
4. Cicone Youth de de Sonic Youth
5. ambulance blues de Neil Young
le video non plus n’est pas toute récente, mais parfois on n’est pas à l’heure
Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: beaubourg, espace temps, prix marcel duchamp, tatiana trouvé
TATIANA TROUVÉ
4 BETWEEN 3 AND 2
prix Marcel Duchamp 2007
25 Juin-29 Septembre 2008
Centre Pompidou
Le travail de Tatiana Trouvé semble toujours avoir traité des lieux mentaux et potentiels, des strates manquantes de la mémoire aux quelles il faudrait palier, en créant des modules, des espaces dysfonctionels, désarmés, abouliques.
Cela ressemblait à du matériel médical ou bureautique qui aurait changé d’echelle, à une archéologie de l’anachronique en temps réel.
Il y avait eu aussi des tentatives de grossissement plus maladroites, on se souvient de sa premiere expo personnelle chez Emmanuel Perrotin à Miami, où tout semblait juste plus grand, un peu trop près.
ici, l’espace ingrat nommé 315 semble ne jamais avoir été si bien vu, et c’est la grande qualité de la proposition de Tatiana Trouvé, de donner non des objets a voir, mais ce qu’elle semble voir, elle, à travers ces objets, cet espace.
des sensations, des pressentiments: une buée sur une vitre, une flaque d’eau, un mur brulé par une lampe, le temps qui passe à travers les métaphores. Des couloirs trop petits, à l’echelle d’un corps sans tête, des catastrophes ordinaires gisantes, comme des terrains de rêve: là où le temps devient un espace.
Il faut compter les poignées, les grains de sable noirs, les couloirs, les rainures de parquet, un inventaire murmuré, comme le son qui se tapit dans les coins, à la limite de la folie.
des dessins encadré sont les piquets qui tiennent le décor bourgeois d’un dénivellement de la disparition, entre Dino Buzatti et Michelangelo Antonioni. Des hommes il se reste que des traces: une chaussure, une ampoule trop chaude qui a bien du être vissée, quand meme.
Les scupltures au milieu de cette scenographie à la fois posée et presque absurde marquent l’espace entre les murs, l’air impossible à saisir, donnant matiere “réelle” à ce lieu au bord de la fiction.
Tout y est precis, sombre, ” timé”, autarcique, se faufilant dans notre mémoire pour ne plus la lâcher.
salade de haricots verts à la coriandre
plonger dans l’eau bouillante les haricots verts coupés en trois
les faire cuire à peine, al dante, pour qu’il reste croquants mais ne soient pas non plus crus
passer sous l’eau froide, égoutter
rajouter de la coriandre fraiche, de l’ail pillé, un bon champignon de paris cru coupé en lamelles, de l’huile de sésame
mélanger
un soupçon de piment d’espelette
servir
boire avec un thé yunan léger
LOW
secret name
tugboat
1999
dans chaque disque de Low il y a les plus belles et parfois les pires chansons, de la matière et de l’anti-matière
s’il y avait un top 5 de mes chansons de Low, ce serait sans doute
1. Lullaby (sur l’album de rarities)
2. I remember (secret name)
3. Lust (the curtain hits de the cast)
4. code (avec panamerican)
5. down by the river (avec dirty three)
anyway, secret name, produit par steve albini, reste pour moi un extraordinaire diamant brulé du debut à la fin, de ces disques anti-circonstantiels, mais démiurge, que l’on met, non pour accompagner quelque chose de deja vecu mais pour sentir quelque chose de nouveau, qui provoque, qui déclenche et réinvente, dans la vocation la plus poétique du terme.
les rythmes comme les pierres sur les quelles sauter au milieu de la plus dangereuse des rivières
les nappes électroniques cousant la plus imperméables des nuits
les voix sont des braises qui scintillent et mesurent la distance à venir de la traversée
chaque chanson comme unique experience, invocation, appel
dans un espace sans echo et sans plaine,
ou la voix, tient lieu de feu,
tombant primitvement, inexplicable malgré les raisons comme la pluie le seisme ou l’émoi.
Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: bleu au soleil, lumiere, veronique joumard
bleu au soleil
Véronique Joumard
galerie Serge Le Borgne
du 13 Juin au 26 Juillet 2008
le soleil, les métamorphoses silencieuses sur les cubes et les carrés où la couleur jamais ne se fixe
mais toujours se pose, à la mesure du temps et des particules
suffiraient, avec joie
dans leur simplicité
et pas besoin de ballons, de photographies de lumières et autres tautologies triviales et revues
” sell the kids for food
weather changes mood
spring is here again
reproductive glands
“
nirvana, “in bloom”
Une mousson:
Des perspectives pliées, en miroir, comme dans les premiers tableaux figuratifs de Mondrian, des reverbérations impressionnistes sur l’eau faisant résonner Debussy et Monet, des hommes seuls faces à l’immensité, trainée de poussière romantique de Friedrich, ce pourrait être aussi un paysage échappé d’une dérive de Gus van Sant et ou de Jim Jarmuch, ou bien des motifs issu d’un t shirt de heavy metal, voir d’un camion customisé à la peinture en spray sur une route du Canada, voir d’une veste polaire 8O’s, d’un paysage symboliste, quelque chose entre Doblin et Munsch, une pochette d’un disque de grunge de 93, peut-être Soundgarden, une reproduction froissée d’un paysage de Brugel sous la neige, une aquarelle dans le fond d’une boite de chocolats….
comme les débris d’un musée imaginaire après une explosion, un unique tableau divisé en séquences, qui contiendrait en lui l’île deserte plutôt que le choix de ce qu’il faut y amener, peut etre un peu naif, un peu amoureux, qu’on aurait composé de peaux d’images défuntes, éculées, ou trop vues, des plus attachantes, des plus primordiales, des plus inexplicables
une nostalgie
mais n’est ce pas meme une des vocations de la peinture, de dissoudre les images et de les retourner vers l’intérieur, vers le coeur, là où les mots se diluent dans la lumiere, la couleur, les visions mentales, de faire sienne la paroi entre visible et voyant, jusqu’à l’etourdissement?

” J’aime l’idée que ces sections peuvent s’ouvrir pour réveler un lambeau d’existence et tout aussi bien se refermer à nouveau”
(Peter Doig dans Artfactum cité par Judith Nesbitt dans le catalogue de l’exposition”
Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: 1971, in my own time, karen dalton, reedition
KAREN DALTON
IN MY OWN TIME
something on your mind sera hymne de l’été
l’optimisme un peu aveugle de la voix qui dévale les pentes de violons
piano paresseux un peu ridicule, un peu bar, qui donne envie de boire
toutes celles qui lui ont temps volé, cat power la premiere
l’album était sortit en 1971 chez Just Sunshine Records, il est ressorti en 2006 chez Light in the Attic
au fil des chansons, la voix déraille, cahotant comme une roulotte sur une route de pierres, à la frontière du rythm and blues et de la folk,
la reprise étirée de when a men loves a woman comme un vinyle un peu ralenti dans la moiteur du soir
katie cruel et sa rengaine de cassandre des chemins creux
un reste de polenta sauté à l’huile d’olive avec de l’ail, du poivre, du parmesan et de la ciboulette
couper le reste de la polenta en petits cubes
couper finement deux gousses d’ail
des petits des de parmesan
un peu de gros sel
dans une poele ou une petite casserole, faites chauffer une bonne lampée d’huile d’olive
y ajouter l’ail, le poivre, le parmesan
puis les carrés de polenta
faire dorer,
rajouter une fois prêt la ciboulette
deposer sur un lit de roquette
repoudrer de parmesan
boire avec un verre de Tariquet bien frais
ci dessous, le texte que j’avais écrit sur la pièce MON AMOUR de Christian Rizzo, publié dans le tiré à part festival Meteores-Mouvement
CHRISTIAN RIZZO
MON AMOUR
THEATRE DE LA VILLE
11-14 Mars 2008.

Avec un parcours transversal (Villa Arson, stylisme, scène rock…), Christian Rizzo semble toujours avoir abordé son travail chorégraphique de manière ouverte et visionnaire, dans la tradition des avant-gardes, où modernité rime avec prise de conscience du monde et des autres arts. Depuis plus de dix ans il introduit ainsi dans le champ de la danse des notions plastiques et musicales comme la vibration, le fétichisme ou l’espace négatif. Le plus souvent accompagné par Cathy Olive à la lumière et Gerome Nox à la musique, il propose avec trois dimensions (le son, la lumière, l’accessoire) un espace où le corps, décentré de la seule question du mouvement, peut se réinventer et se dépasser.
Une fin de party. Sept ectoplasmes ravers se balancent, en leur qualité de résidus, d’algues, de “left-overs”. Ils vibrent. Ils ont des capuches. Ils deviennent des ombres. Et, en ombres, sont les parasites de leurs propres corps. Un corps sans peau apparente que celle qui débordera plus tard des extrémités : les mains, les bouches, ce qui touche. Un corps qui se déploie en membres mobiles, écartelé en étoile de mer des abysses. Une ombre qui se loge dans l’espace négatif des plis, des creux, dans la distance d’une jambe à l’autre, dans le poids de cette masse de vide qui détoure chaque silhouette et chaque mouvement. Une ombre compressée en sphères noires et lisses, comme une version abstraite et glossy de la pelote faite d’os et de plumes que recrachent les hiboux veilleurs de la pénombre. Sphères qui roulent et qui contiennent la nuit dans leur secret. Des corps qui se tapissent au fond de capuches profondes comme des puits, protégées en leur seuil de voiles fluo kids.
Quel est cet espace, ce rythme qui nous unit ? Et si c’était cet air-là, celui qu’on chante et qu’on respire, qui faisait de chacun de nous, dans notre simultanéité, un seul corps prolongé ? Un corps matière noire, comme les sphères, qui roule lentement, imbibé de flux, de pulsations et de gaz ? On ne peut pas s’extraire de l’espace, on ne peut pas le garder pour soi, l’air s’échappe et s’offre dans un partage, grisant, douloureux et irréversible, qu’il est difficile de convertir en douceur. ” It’s so easy to laugh, it’s so easy to hate, it takes strenght to be gentle and kind” (1) nous souffle Morrissey par la voix du passeur mi-crooner mi-pythie Mark Tompkins.
Et si je m’extrait de cet air, de ce ciel, c’est la mort, et le retour à la poussière. ” Oh Mother, I can feel the soil falling over my head” (1).
Danser dans la poussière et la cendre, comme les Pink Floyd dans Pompei, concert filmé dont Rizzo admet s’être beaucoup inspiré pour “Mon Amour” : dresser des repères verticaux, plantes, gestes, vibrations, mobiliers, contre l’horizontalité inextricable du chemin vers la mort.
La fumée, comme l’amour, à l’inverse de l’air et de la lumière, peut se chasser d’un revers de joue ou de main. Ici, elle avance, contaminant le public, et par là même l’unifiant, le rendant bloc solide et gris qui s’érige dans la plasticité de la pièce.
La lumière qu’offre avec grâce Cathy Olive est aussi comme l’amour, comme le beat, mais à l’inverse de la fumée, se pose sur les masses noires et trace des creux illusoires dans les surfaces pleines, dans les coeurs et dans la nuit.
Seuls, les danseurs ont les mains dans les poches, les têtes dans les capuches, le corps qui s’enfonce dans ce qui l’enveloppe, dessinant un ruban de Moebius où le plein devient vide et où la surface qui l’habille s’enroule autour comme une niche. Ainsi écrit William Carlos William dans “Asphodèle ” (le jardin des morts chez les grecs), qui est le fil rouge de la pièce : ” De quoi ai-je le souvenir, qu’avant la forme de cette forme ?”.
En contact, les doigts et les lèvres éclosent, les corps s’attrapent, se rejettent puis se donnent rendez-vous derrière les plantes, sur les tables ou les chaises, rassemblant de nouveaux espaces et semblant se demander : qu’est-ce qui, dans notre amour, nous sépare du monde ?
Dans cet espace blanc comme une page, chaque danseur suit à la fois sa destinée et celle qu’il va partager, offrant sa démarche tout en promenant avec lui son mystère, qui se recèle dans un silence ou dans un sac à dos. Partager: traverser un jardin en se donnant la main ?
Au-dessus, encore plus haut que le ciel, les instances démiurgiques de la musique: celles qui orchestrent, permettent et commentent. Parfois visibles, parfois disparaissant dans le noir, les gardiens du son, Bruno Chevillon, Didier Ambact, et le grand Gerome Nox sont les anges sombres qui animent cette genèse. Au centre, Mark Tompkins, l’aède, celui qui lit, qui révèle dans les profondeurs de sa voix un sous-bois, qui tapisse le sol avec le langage.
Pour les corps dansants à la fois fragiles et violents, bouleversés par le désir et menacés par l’absence, la musique donne l’élévation, le poème la communication, et la lumière le regard vers l’autre.
(1) “I know it’s over”, chanson des Smiths interprétée dans le spectacle.
Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: anders nilsen, chicago comics, jeffrey brown, midwest, paul hornschemeir
j’ai le plaisir de vous annoncer l’exposition que j’organise à la galerie anne barrault jusqu’au 26 Juillet
MIDWEST
ANDERS NILSEN, PAUL HORNSCHEMEIR ET JEFFREY BROWN

Nouvelle garde de la bande dessinée américaine indépendante, faisant partie du collectif de Chicago “the Holy Consumption” , Anders Nilsen, Paul Hornchemeier et Jeffrey Brown présenteront ici une exposition de nouveaux dessins sur le thème du Midwest américain, zone immense qui entoure Chicago sur plusieurs états, terre plate et agricole, traversée par le vent et trouée par les grands lacs.
Les paysages d’Anders Nielsen sont remplis, ou plutôt vidés, comme le corps ou la terre, d’air et d’eau. Des flaques, des champs nus, des fausses, des pancartes effacées détourent la place vacante dans la quelle errent oiseaux et personages abandonnés. Habités par la mort omniprésente et la disparition de la couleur, les traits articulent comme un squelette fragile mais indispensable pour soutenir tant de blancheur.
Paul Hornchemeier s’est lui interéssé à la figure du général Grant, héros du Midwest qui subit ainsi differentes métamorphoses, où se mélangent, comme souvent dans le travail du dessinateur, éléments historiques, biographiques et fictifs.
Jeffrey Brown, amoureux des petits rien de la vie proposera des dessins en couleurs et en noir et blanc traitant avec humour et délicatesse des aléas du quotidien où l’on retrouvera son double dessiné et son chat.
Chicago a toujours été une ville très fertile pour les arts “mineurs” comme les comics (Daniel Clowes, Chris Ware…) ou le post-rock (Tortoise, Gastr del sol)…., dont le centre nerveux serait peut-etre la librairie Quimby’s et le disquaire Reckless basés dans le quartier de Wicker Park.
C’est dans cette librairie que j’ai d’ailleurs découvert avec beaucoup d’émotion le travail de ces trois dessinateurs, et c’est dans un café à un bloc plus loin, que je les ai rencontré la première fois. Il y avait de la neige et du vent, et la ville se pliait en noir et blanc, comme la majorité des dessins présentés ici, dans leur silence et leur simplicité, semblant se demander avec grâce et force, qu’est -ce qu’une page ?
Félicia Atkinson
www.theholyconsumption.com
galerie anne barrault
22 rue Saint-Claude
75003 Paris
T. 33 – 1 44 78 91 67
www.galerieannebarrault.com
Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: geraldine chaillou, here comes your ghost again, peinture
ci dessous le communiqué de presse que j’ai ecrit pour l’exposition de la peintre Géraldine Chaillou
exposition : here comes your ghost again

du 26 au 29 juin
(en semaine de 16h à 20h – le we de 14h à 20h)
Naxos Bobine, 135 rue de la roquette, 75011. métro Voltaire.
Géraldine Chaillou
HERE COMES YOUR GHOST AGAIN
L’huile ne se dissout pas dans l’eau mais y surgit en forme flottante, comme un esprit. Ainsi se tiennent les silhouettes de Géraldine Chaillou dans leurs fonds monochromes gris, noirs, espace-temps plutôt que espace monde , ou peut-être espace scène, dans leur dépouillement, leur vide matriciel, qui se désigne pour donner corps aux apparitions des sujets et lumières à venir.
Un écho: un corps enfantin, androgyne mais pas complètement, donne la main à un autre, où se tient près de lui, on a envie de dire près d’elle, comme résonance ou comme double, comme pliure.
Deux petites filles en robe rouge, jambes blanches, cheveux et socquettes noires, comme deux chromosomes inséparables, au rythme de deux croches.
Une autre, point d’exclamation devenu muet et solitaire, une enfant pendue par un pied, trace une fente dans le terrain vague et blanc de la toile. Les couleurs comme à la fois des incisions et des apparitions.
Les formes, tête et corps habillés, cachés par les cheveux, les tissus, sans voix ni toucher, presque abstraits, se situent dans leur distance l’une par rapport à l’autre, mais aussi dans leur communauté, la manière qu’elles ont de peupler le même vide, d’absorber la même émotivité géographique.
Quand un visage émerge, c’est à l’image du médium de l’huile, dans la temporalité de la tache, et on retrouve quelque chose des faces liquides de Françoise Petrovitch ou de Katinka Lampe. Pourtant ici, à la différence des deux autres femmes peintres chez qui le visage s’offrirait complètement, un paradoxe surgit , créant une tension, une rotation: certains personnages de Chéraldine Chaillou semblent à la fois devant et derrière, là et et disparu, fille et garçon, yeux ouverts et fermés, un et tous .
Comme si la peinture, dans un mouvement giratoire, avait intégré l’après et l’avant du mouvement, le souvenir et son obsessive remémoration.
Un rythme lancinant, une chanson,” Here comes you ghost again”, psalmodiait Joan Baez dans “Diamonds and Rust,” (“Cendres et Diamants”en français).
Classé dans : Uncategorized | Mots-clefs: devendra banhart, drawing, freak folk, kyle fields
un texte ecrit pour une discussion à columbia college, chicago, avril 2007
DRAWING FOR A CALL: the meeting of the ghost.
THE DRAWINGS OF DEVENDRA BANHART.
“it seems that it all comes from one source, and it isn’t an image or a sound as it comes. This one point comes, this one… thing, this one type of…spark comes. This spirit comes that isn’t a song or isn’t a sound or isn’t an image or a word or anything. It comes and then it tells you where it goes. It comes and then it is either a song and, slowly, as you observe it, stare at it, it becomes a sound or an image, or it becomes both, so you cater it to whatever it reveals itself as. And so this nameless thing comes; this wordless, soundless thing comes and then you fit it to what it reveals itself as – into either a song or a drawing -and then sometimes the drawings cannot be ended with a drawing; they’re ended with a song. Sometimes the song can’t be ended as a song but is ended as a drawing”
Devendra Banhart, interview with Daniel Blumin for WNYU and Static.com, 2005.
A friend of mine used to say that Devendra’s songs were just a bad early T-Rex songs.
Then I had to admit that I discoverd T-Rex (i mean, other songs than 2Oth Century Boy) after Devendra Banhard.
But one thing that first went to my eyes were that the drawings of the records covers of Devendra, are for sure better than the Marc Bolan’s one.
The drawings of Devendra Banhart are very inspired by the folk drawings of native americans such as Hopi indians:
“Some of the things are impossible for me to decode, but then some of the things are easy and they come directly from Native American culture. The Hopi have the six point cloud people, and I draw my image of them; I draw the kachina dolls, the buffalo spirits, the ghost dance costumes and outfits, the luiseno baskets, Navajo blankets and patterns and then Tibetan clouds and dragons, icicles. Magic is a very general thing. I can’t just say I draw magic. “
For sure, this guy has a great capacity to use his knowledge and recycle the things he has seen or heard. But like every artist does, especially every artist who built a fictive personnal history and appearence, such as Devendra did, or Jean Michel Basquiat. or The man who killed Liberty Valence…
The idea of drawing as a magical gift or as an experience of the borders has been used by many drawing makers.
The dark inked shaped drawings of Victor Hugo or William Blake were a way to call the spirits and relflect the steemfull mystery of the mind.
The use of the ink and paper, is more close to the skin by its immediatity than the painting. Painting requires the full body and the full flesh, drawing requires the hand and the brain, drawing, like writing is a way to escape the body hidden by the table and the sheet of paper. The table cuts the body in two, separating heart and mind from the genital parts and the feet.
You sit at the table as you eat or as you were looking your image in the mirror of the water of a lake. Drawing is about waiting for something to appear, lying down on the surface where you projects yourself. Like fishing.

Drawing on the ground with the dust and the sand is the same: you bend yourself to draw, you cut your self in two. The drawing replace the ground, the drawing itself has no ground. In the contrary of the painting who is connected to a hollistic vision of the word where the whole body is engaged.
This idea of the drawing as a side exeperience of the splitting of the self was also endeavoured by two other french writers: Henri Michaux and Antonin Artaud.
Antonin Artaud was using his drawings to spell bound (” jeter des sorts” in french) toward specific people and using self portrait as a fight between the image of himslef and what he felt inside. Sometimes in the drawings were some words, some times the drawings were letters, always adressed to somebody or to himslef. His drawings were like a stone you throw in the water or like an esoteric prayer.
Henri Michaux used ink when he was experimenting drugs, as a dcumentation of his mind and his nervous system. The use of the ink reminds chinease painting, (even we know that chinese painting is different because it can be done standing up).
The title of one of his book which contains both drawings and text, “Miserable Miracle” is about this idea of magic who would be not shiny but falling down, and splinter in the melting of magic hope and misery. The magic for Henri Michaux is very desapointing and painfull and way, praying as a esperate wait. “je voudrais. Je voudrais quoi que ce soit mais vite” he wrote in Miserable Miracle (“I would want. I would want something but quick”.)
“The way I began drawing was never spending any money on it, so I would borrow just any piece of paper lying around from my mom, and I realized that all the books I owned or my parents owned started off with blank pages. So, I go, “I’ve got paper now,” you know? I would just go and take every blank page from every book and no one noticed…”
Drawing is a lo-fi way, so did and do other singers, like Daniel Johnston, Bill Calahan, John Lurie, Kyle Fields (Old time religiun), Rob Lowe (Lichens) who is for sure a better singer than Devendra….
Using the pencil as a guitar. Something you can play with, you can ad to something that exists already, which is easy to get, to leave your trace. A drawing simple as a song. At the scale of a hand. Something you can bring with you, something that protects you as a devoted dog.
An habit, something for everyday, like a journal or an apple.
A drawing is never alone. He has a lot of brothers, on the contrary of the painting who wants to be a unique master piece, even when it is serial of painting. There is less risk and more casuality of the poverty of the economy of the drawing. Something in the same time humble ( i deserve to draw only on this crappy notebook) and pretentious ( my crappy notebook is gold). Drawing is less a fight, more an everyday meeting and arguement. While you are doing this drawing you know that maybe it’s only the third who is going to be good, you can do it again as you can sing again, you can even do a cover of your drawing. That’s why drawing is so close to the song. Sometime you draw the time of a song.
For Devendra Banhart; the notion of pain that shades the work of the writers i talk about seems absent, comparing to Henri Michaux or Artaud.
Like in his songs, Devendra don’t directly evokes pain or despair. The songs are mostly happy and hopefull, and so are the drawings.
It’s like the european self has been rejected for the american sense of community, and community is built to destroy (or just hide) the solitude and the pain. It’s an optimistic spiritual vision.
The drawings of Devendra are not lonely lines but waves that dance, empty shapes such as rounds, traingles, things that are connected one the other.
In this meaning, he is really a product of America, such as all the new free folk movement that gather people like Johanna Newsom, Espers, MV and EE, Lichens, Animal Collective…
Singing to gather. Draw to gather. Calling forms inspired by different kind of folk art, symbols, figures, as gigantic esoteric alphabet.
In his latest album Devendra poses (in fact if i am not wrong, it’s supposed to be a collage of a lot of pictures of fan that have been sent by his fans) in the middle of crowd, hallf like Sergent Peppers and his lonely heart club band, such as Jesus.
Dressed like a new prophet who draw and sing miracles, the new free folk singers could seem a bit disguised, reminding the flower power of the 70’s. We could ask to ourself that they all seem nice sons and daughters of rich yuppies who went to the best art schools and who are singing peace in a country that torture people and use heavy metal as a weapon in the jails and women’s blood period to put down the supposed-to be terrorist in Guantanamo and Abu Grabi.
We can compare that with the flower power who was during the war of Vietnam. Like a terrible scheme: the more violent is the war, the more shiny are the clothes.
But this is also easy to say.
Always, people has recycled things and culture, why Devendra should not copy and pastes Hopis and T Rex? Sometimes covers are better that the original….sometimes not
QUBO GAS
Watercouleur park, animation sur le site de la Tate Modern
Comme Alice aux Pays des Merveilles qui tombe dans le puits, le curseur de notre laptop tombe, en cliquant sur le lien donné par le site de la Tate Modern, dans l’univers merveilleux et aérien des Qubo Gas.
Ici, pas d’autre interactivité que ce petit curseur, materialisé par un micro nuage ocre, qui chute sans fin au mileu des nuages et du blanc, pas d’autre interactivité que ces micros évènements qui se frottent à notre plaisir olfactif.
Un printemps digital: Les sons eclosent et les couleurs font des bonds, avec delicatesse et gourmandise. Les contours des papiers découpés, les sonorités croustillantes, les traits aux feutres colorés croisent la technologie dans ce qu’elle a de plus ludique, et cet espace sans personnages entre la lanterne magique et le mobile de papier, devient “animé”, dans le sens où une âme lui est donné, adoucissant une sphère virtuelle d’habitude souvent trop lisse, trop bien faite, ou trop glaciale.
Dans Watercouleur park, on déniche une capacité à laisser presque desirer entrevoir les “trucs” de ce tour magique: on veut imaginer les outils qui ont fait pousser ce jardin: des doigts, des ciseaux, des crayons, stratagème habile et coquin, voir virtuose, qui permet d’oublier les heures de programmation necessaire au bel ouvrage.
Et si finalement, le monde virtuel n’était qu’un nouveau ciel peuplé de nuage et de bruits d’oiseaux à contempler sans fin?
chers lecteurs,
pourquoi un autre blog?
car mouvement me l’a gentiment proposé.
that oral thing sera moins personnel que lowfifelicia et traitera uniquement d ‘arts, de musique et de cuisine
il compilera aussi des textes precedents ecrits pour des revues, artistes ou des galeries
bonne lecture
felicia















